Construire la ruche de demain : 5 corps de ruche RBC pour des abeilles plus résilientes

Il y a des moments, à l’atelier, où l’on sent que le travail accompli dépasse la simple fabrication d’un objet.

Avec ces cinq corps de ruche Ruche Basse Consommation (RBC) désormais terminés, c’est exactement ce sentiment qui domine : celui d’avoir posé une petite pierre de plus pour une apiculture plus juste, plus douce, et surtout plus respectueuse du vivant.

Dans ce nouvel article — et dans la vidéo associée — je vous emmène au cœur de cette réflexion, entre bois de récupération, isolation thermique et protection des colonies.


Une ruche n’est pas qu’une boîte en bois

En apiculture moderne, on parle beaucoup de traitements, de nourrissement, de lutte contre les parasites.
Mais on oublie parfois l’essentiel : l’habitat de l’abeille.

Dans la nature, une colonie s’installe dans un tronc d’arbre épais, stable thermiquement, protégé des courants d’air et des agressions extérieures.
À l’inverse, la majorité des ruches standards offrent des parois fines et peu isolantes, obligeant les abeilles à consommer énormément d’énergie simplement pour survivre.

La philosophie de la Ruche Basse Consommation (RBC) part de ce constat simple :
👉 moins de déperditions thermiques = moins de stress = une colonie plus résiliente.


Le choix du mélèze et de la récupération

Pour ces cinq ruches, j’ai fait le choix du mélèze, un bois naturellement durable, imputrescible et parfaitement adapté à un usage extérieur.

Aucun traitement chimique.
Aucune peinture.

Simplement du bois, travaillé avec précision.

Les planches utilisées proviennent de récupération. Elles ont été délignées, dégauchies et rabotées pour obtenir des éléments sains, réguliers et solides.

Les corps de ruche sont assemblés par feuillures, un choix plus long à mettre en œuvre mais qui garantit une excellente étanchéité à l’air et une grande longévité.


L’isolation RBC : réduire l’effort des abeilles

Le cœur du concept RBC repose sur l’isolation.

Dans chaque corps de ruche, j’ai intégré un film thermo-réflecteur Beevolution, placé de manière à renvoyer la chaleur produite par la grappe vers l’intérieur.

Selon les travaux de Marc Guillemain et Jean Riondet, une ruche correctement isolée permet aux abeilles de réduire de 30 à 50 % leur dépense énergétique hivernale.

Cela se traduit concrètement par :

  • une meilleure survie en hiver,
  • une reprise de ponte plus régulière au printemps,
  • et une colonie globalement moins stressée.

Le plancher RBC : penser la ruche par le bas

On parle souvent des parois, mais le plancher joue un rôle tout aussi déterminant.

Les planchers RBC que j’ai réalisés sont conçus comme de véritables planchers tout-en-un :

  • entrée par le dessous,
  • isolation intégrée,
  • gestion naturelle des déchets par gravité.

Cette configuration limite fortement les courants d’air froid qui remontent vers le couvain et contribue à maintenir un microclimat stable à l’intérieur de la ruche.

Comme le rappelle Jean Riondet, une ruche bien isolée par le bas conserve une « chaussure chaude », favorisant un démarrage plus précoce de la colonie au printemps.


La muselière anti-frelon : protéger sans enfermer

Impossible aujourd’hui d’installer des ruches sans penser au frelon asiatique.

Chaque plancher est donc équipé d’une muselière anti-frelon en grillage de 12 mm, dimension choisie pour laisser passer les abeilles — même chargées de pollen — tout en empêchant l’intrusion du prédateur.

La muselière crée un espace tampon devant l’entrée :

  • les abeilles peuvent décoller sans être immédiatement sous pression,
  • le stress de la colonie diminue,
  • et le risque de blocage de ponte est fortement réduit.

Un détail important : le grillage est relevable grâce à deux petits pitons, ce qui permet de nettoyer facilement la planche d’envol ou d’accéder à la porte d’entrée sans démontage.


Cinq ruches prêtes à accueillir la vie

Aujourd’hui, ces cinq corps de ruche et leurs cinq planchers RBC sont terminés.
Alignés à l’atelier, ils attendent désormais leurs futures habitantes.

Ces ruches ne sont pas pensées pour maximiser la production, mais pour donner aux abeilles des conditions de vie proches de leurs besoins naturels.


Le parrainage : prolonger l’engagement

Cette démarche s’inscrit aussi dans un projet plus large : le parrainage de ruches.

Chaque parrainage contribue directement à :

  • la mise en place de ces ruches RBC,
  • leur entretien,
  • et le développement d’une apiculture locale et respectueuse.

Pour 35 €, il est possible de parrainer des abeilles, qui seront installées dans l’une de ces ruches.

C’est une manière concrète de soutenir le projet, même sans être apiculteur.

👉 Toutes les informations sont disponibles via le lien associé à la vidéo.


🎥 La vidéo

Dans la vidéo intégrée à cet article, je vous montre en détail :

  • la fabrication des corps de ruche,
  • la mise en place de l’isolation RBC,
  • la conception des planchers et des muselières anti-frelons,
  • et la philosophie globale qui guide ce projet.

Prenez le temps de la regarder, et n’hésitez pas à partager vos retours.


Pour aller plus loin

  • La Ruche Basse Consommation – Marc Guillemain, Jean Riondet, Damien Merit
  • Beevolution – principes et matériaux d’isolation RBC
  • Études et retours terrain ADAGE / AAVO sur la protection contre le frelon asiatique

Construire ses ruches, c’est aussi construire une relation différente avec le vivant.
Plus lente.
Plus attentive.
Plus engagée.

À très bientôt,

Les Murmures de la Ruche 🐝

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