Une forêt gourmande pour nourrir les abeilles durablement
On parle souvent de sauver les abeilles en installant des ruches. Pourtant, sans fleurs, sans arbres et sans diversité végétale, les abeilles – domestiques comme sauvages – meurent de faim. Produire du miel n’a de sens que si l’on commence par produire du nectar et du pollen.
C’est dans cette logique que j’ai lancé, pour Les Murmures de la Ruche, la plantation d’une haie mellifère en syntropie : une haie dense, vivante, pensée comme une petite forêt, capable de nourrir les pollinisateurs tout au long de l’année.
Pourquoi planter une haie mellifère ?
Une haie mellifère n’est pas qu’un alignement d’arbustes. Lorsqu’elle est bien pensée, elle devient :
- une source continue de nectar et de pollen,
- un refuge pour les pollinisateurs et la biodiversité,
- une protection contre le vent et la sécheresse,
- un élément structurant du paysage,
- un investissement durable pour le vivant.
Contrairement aux floraisons ponctuelles, une haie diversifiée permet d’assurer une continuité alimentaire, du début du printemps jusqu’à l’automne.
La syntropie : s’inspirer du fonctionnement de la forêt
La syntropie est une approche agricole qui s’inspire directement des écosystèmes naturels. En forêt, les plantes ne sont jamais isolées : elles poussent serrées, se protègent mutuellement, enrichissent le sol et créent leur propre micro-climat.
Appliquée à une haie mellifère, la syntropie repose sur plusieurs principes clés :
- Planter dense, pour favoriser l’entraide entre les végétaux
- Multiplier les strates (arbres, arbustes, vivaces, couvre-sols)
- Produire de la biomasse sur place, destinée à nourrir le sol
- Accepter l’évolution naturelle du système dans le temps
L’objectif n’est pas la maîtrise parfaite, mais la résilience.
Le terrain et la stratégie d’implantation
La haie mellifère s’étend sur plus de vingt mètres et traverse plusieurs zones aux caractéristiques différentes :
- un ancien potager, au sol riche et déjà travaillé,
- une zone plus sèche et plus drainante.
Le sol a été préparé mécaniquement afin de casser la semelle de labour et de faciliter l’enracinement. Cette préparation permet aux jeunes plants de s’installer plus rapidement et plus profondément.
Le choix des plantes mellifères
Le choix des espèces est fondamental. Ici, la priorité a été donnée à la diversité, avec des floraisons étalées sur l’année et des plantes adaptées au climat local.
Arbres et arbres à miel
- Érable sycomore
- Tilleul de Hollande (Tilia platyphyllos)
- Tilleul à petites feuilles (Tilia cordata)
- Saule marsault
- Sophora du Japon (Stypholobium japonicum)
- Évodia – arbre à miel (Tetradium daniellii)
- Févier d’Amérique (Gleditsia triacanthos)
- Acacia hongrois (Robinia pseudoacacia)
- Frêne à fleurs (Fraxinus ornus)
- Savonnier (Koelreuteria paniculata)

Contribution à la plantation d’un arbre mellifère
Soutenez la plantation d’arbres mellifères autour du rucher et participez à un projet apicole local et engagé dans le Haut Var.
Arbustes mellifères
- Cercis (arbre de Judée)
- Éléagnus (olivier de Bohème)
- Amorpha fruticosa (faux indigo)
- Caragana (acacia jaune)
- Baguenaudier
- Troène du Japon
- Mahonia aquifolium
- Chèvrefeuilles mellifères (Lonicera)
- Symphorine
- Deutzia scabra
- Buddleia
- Rosier mellifère
- Goji (Lycium barbarum)

Contribution à la plantation d’un arbuste mellifère
Soutenez la plantation d’arbustes mellifères autour du rucher et contribuez à offrir nectar et pollen aux abeilles tout au long de l’année.
Vivaces et couvre-sols mellifères
- Hysope officinale
- Léonure
- Verbesina alternifolia
- Perovskia (lavande d’Afghanistan)
- Elsholtzia (menthe en arbre)
- Actinomeris alternifolia
Cette diversité permet d’assurer une floraison progressive et continue, essentielle pour les abeilles.

Plantation : densité et pralinage
Les plants ont été installés en racines nues, avec un pralinage directement dans le trou de plantation afin d’assurer un contact optimal entre les racines et le sol.
La plantation a volontairement été réalisée en forte densité. Cette approche permet :
- d’anticiper les pertes possibles la première année (gel tardif, sécheresse),
- de créer rapidement un micro-climat,
- de limiter l’évaporation,
- de favoriser la coopération entre les plantes.
Bordures, paillage et gestion du chiendent
Les bordures de la zone cultivée ont été particulièrement soignées afin de limiter l’invasion du chiendent, concurrent redoutable pour les jeunes plants.
Un paillage important à base de bois a ensuite été mis en place. En syntropie, le bois n’est pas un déchet : il constitue la base du futur humus forestier.
Sur-plantation et production de biomasse
Entre les arbres et arbustes, des couvre-sols et des plantes à croissance rapide ont été installés. Leur rôle est essentiel :
- produire de la biomasse sur place,
- être taillées régulièrement,
- nourrir le sol et les arbres par leur décomposition.
C’est l’un des piliers de la syntropie : le système se nourrit lui-même.
Origine des plants
Les plants mellifères utilisés pour cette haie proviennent de la pépinière Végétaux Mellifères Borie. Il ne s’agit pas d’un partenariat : ce choix a été fait pour la qualité et l’adaptation des plants au projet.
Un projet pour le vivant
Cette haie mellifère en syntropie n’est pas un aménagement décoratif. C’est un engagement concret pour les abeilles, les pollinisateurs et la biodiversité.
Planter des arbres aujourd’hui, c’est nourrir le vivant pour les décennies à venir.
Si vous souhaitez soutenir ce projet ou en savoir plus sur les démarches mises en place autour des Abeilles des Murmures, n’hésitez à parrainer mes plantation, RDV dans la boutique.
🌿 Chaque arbre planté est une promesse pour les abeilles.

Contribution écologique
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